Banques & PFAS

Il n’existe pas encore de politique bancaire spécifiquement dédiée aux PFAS.

Face à cela, nous proposons 4 recommandations pragmatiques aux professionnels du secteur.

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Pourquoi agir ?

Les établissements bancaires sont exposés à la thématique PFAS de diverses manières :

Risque de crédit.

Si l’activité de vos clients est affectée par des changements réglementaires ou par des baisses de commandes liées à l’existence de PFAS dans leurs produits, ces clients pourraient ne plus être en capacité de vous rembourser leurs emprunts.

Risque réputationnel.

La médiatisation de la thématique PFAS est majeure. Si votre établissement finance des entreprises dont l’activité génère ou a généré des contaminations aux PFAS, l’impact sur la réputation de votre établissement auprès du grand public pourrait être significatif.

Entre 2020 et 2025, plusieurs campagnes de sensibilisation ont mis en lumière le financement des énergies fossiles par les grandes banques françaises et européennes. C’est désormais le financement lié à la pollution chimique qui est de plus en plus surveillé, à l’instar des travaux de l’entreprise Green-Got.

Communication Linkedin de Green-Got sur le financement du groupe Crédit Agricole de l’entreprise Syngenta qui produit des pesticides de synthèse. Voir la communication →

Opportunité de financement

Le coût de la pollution s’annonce majeur. Pour la France, il est estimé à 710 millions d’euros par an pour une dépollution minimaliste et 12,2 milliards d’euros par an pour une dépollution ambitieuse, comme nous l’expliquons dans notre guide.

Derrière ce coût se cache une multitude de projets d’investissement, notamment dans des unités de filtration de PFAS, qu’il faudra financer.

Comment agir ?

Si vous souhaitez prendre en main le sujet au sein de votre établissement, voici quelques recommandations.

Cartographier l’exposition de vos portefeuilles aux PFAS

Identifier vos clients et vos participations qui sont exposés à des risques (réputationnels et réglementaires) et ceux pour qui les restrictions sur les PFAS constituent des opportunités. Retrouvez les principales restrictions en France et en Europe dans cet article.

Engager le dialogue actionnarial avec les entreprises les plus concernées

Interroger les entreprises identifiées sur leurs stratégies concernant leurs risques et leurs opportunités. Prévoyez une stratégie d’escalade, notamment pour les entreprises qui évoluent sur des secteurs en première ligne (production de PFAS, fabrication de produits grands publics contenant des PFAS, etc.).

Intégrer les PFAS dans votre politique d’exclusion et de vigilance.

À l’instar d’autres thématiques environnementales (climat, biodiversité, eau, déforestation, etc.), vous pouvez intégrer les grandes familles de polluants chimiques les plus préoccupantes (PFAS, pesticides, micro-plastiques, etc.).

Déployer des offres de financement dédiées à la sortie des PFAS

Les entreprises vont devoir faire évoluer leurs recettes et leurs procédés industriels pour faire sans PFAS, ainsi qu’investir dans des unités de filtration de PFAS pour limiter leurs rejets. En tant que partenaire bancaire, vous pouvez les conseiller et leur proposer des dispositifs de financement adaptés. Vous pouvez notamment imaginer des dispositifs comportant des mécanismes d’alignement d’intérêt, comme les prêts « SLL » (Sustainability-Linked Loans) qui incluent une variation du taux d’emprunt en fonction de critères environnementaux. Ce point est aussi valable pour les collectivités, dont les dépenses liées aux PFAS vont considérablement augmenter dans les années à venir.

Que font les acteurs financiers ?

L’initiative IIHC (Investor Initiative on Hazardous Chemicals) pilotée par l’ONG ChemSec réunit plus de 75 acteurs financiers :

Membres de l’IIHC – Source : ChemSec

Via l’IIHC, les membres reçoivent du contenu pédagogique, prennent des engagements et mènent des actions collectives en direction de leurs portefeuilles — en particulier auprès des entreprises de la chimie qui produisent des PFAS. Logiquement, on y retrouve principalement des gestionnaires d’actifs.

À notre connaissance, aucune grande banque (en dehors de son entité de gestion d’actif) n’a adopté de politique d’exclusion ou d’engagement ciblant explicitement ciblant les producteurs et les utilisateurs de PFAS.


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