Foire aux questions (FAQ)
Les questions fréquentes sur les PFAS
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Selon la définition officielle (celle de l’OCDE), les PFAS sont des molécules formées d’une chaîne d’atomes de carbone et contenant au moins un groupement fluoré, saturé et complètement fluoré.
Pour faire simple : les PFAS sont des substances chimiques qui contiennent une ou plusieurs liaisons carbone-fluor.
Avec la définition de l’OCDE, plus de 10 000 substances sont considérées comme des PFAS.
Ces substances n’existent pas dans la nature, elles sont exclusivement fabriquées par l’homme. On les utilise dans une multitude d’usages (ustensiles de cuisine, traitement textile, pesticides, etc.) depuis 1950.
Enfin, PFAS se prononce « pé-fasse » en français et « pi-fasse » en anglais.
Pour en savoir plus : Guide PFAS > De quoi parle-t-on ? > Définitions de base
Les PFAS ont la particularité de ne pas pouvoir être dégradées (ou détruites) naturellement. La liaison carbone-fluor est l’une des plus solides qui existe.
Quand quelque chose ne se dégrade pas, elle est là pour durer. C’est pourquoi on désigne les PFAs comme étant des « substances chimiques éternelles » (« forever chemicals ») ou des « polluants éternels ».
En réalité, les PFAS finissent pas être en partie dégradés. Mais seulement après un (très) long moment. La durée de demi-vie dans l’eau (c’est-à-dire le temps qu’il faut pour que la moitié de la quantité présente se dégrade) de certains PFAS comme le PFOA et le PFOS est estimée à plus de 90 ans.
Cette caractéristique, la persistance, est centrale dans le défi que représentent les PFAS.
Pour en savoir plus : Guide PFAS > De quoi parle-t-on ? > Les caractéristiques des PFAS
Des substances PFAS sont synthétisées depuis les années 1950, dans des volumes qui augmentent chaque année.
Comme elles ne se dégradent pas (ou peu), elles migrent de milieu en milieu :

On retrouve des traces de PFAS dans :
- Les milieux (eau, sol, air) ;
- L’eau de boisson ;
- Les denrées alimentaires ;
- Les produits du quotidien (poêles antiadhésives, emballages alimentaires, vêtements, cosmétiques, etc.)
- Les organismes vivants (et donc les humains).
La contamination aux PFAS est donc extrêmement diffuse.
Elle est aussi localisée sur certaines zones (ex : sites de fabrication de PFAS, sites d’entraînement de pompiers, etc.) où des niveaux de pollution aux PFAS sont établis ou suspectés. On appelle ces localisations des « hotspots ». Un projet journalistique — The Forever Pollution Project — a établi la première cartographie des hotspots de contamination aux PFAS en Europe.
Pour en savoir plus : Guide > Un problème sociétal > L’état de la contamination
Nous avons toutes et tous des PFAS dans le sang, parfois au-dessus des valeurs réglementaires.
D’où vient cette contamination ?
La recherche ne dispose pas encore de certitudes mais plusieurs tendances se dessinent clairement :
- L’alimentation semble être le principal vecteur d’exposition. Certains experts parlent de « 80% de l’exposition globale ». Les légumes et céréales peuvent être contaminés par le milieu (eau, terre) dans lequel ils sont cultivés. Par exemple, des agriculteurs ont épandu des boues d’épuration sur leurs champs, sans savoir qu’elles étaient concentrées en PFAS. Les produits animaux le sont via leur alimentation. Enfin, les denrées alimentaires peuvent être contaminées par les emballages alimentaires s’ils contiennent des PFAS.
- L’eau du robinet : les PFAS se retrouvent dans les nappes souterraines et les eaux de surface, qui alimentent nos réseaux d’eau potable. Fort heureusement, des unités de traitement viennent filtrer certains PFAS — notamment les « gros » PFAS — mais d’autres PFAS passent entre les mailles du filet.
- L’environnement professionnel : certaines activités professionnelles impliquent une exposition particulière, parfois peu surveillée, aux PFAS — comme les pompiers (via les mousses anti-incendie qui contiennent des PFAS) ou les ouvriers de certaines industries.
D’autres sources d’exposition sont aussi étudiées, comme les poussières domestiques, les cosmétiques ou encore les fumées d’incinération.
Pour en savoir plus : Guide > Un problème sociétal > L’état de la contamination
On ne connaît pas parfaitement les effets sur la santé de l’exposition aux PFAS.
La toxicité de deux PFAS « historiques » a été évaluée de manière approfondie : le PFOA a été classé « cancérogène pour l’Homme » et le PFOS comme « peut-être cancérogène pour l’Homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Pour les autres PFAS — souvenez-vous, il y en a plus de 10 000 — l’étude de toxicité semble hors de portée.
Néanmoins, les preuves scientifiques s’accumulent sur plusieurs effets néfastes des PFAS, avec des niveaux de certitude variables selon les pathologies :
- Effets sur le système immunitaire ;
- Maladie thyroïdienne ;
- Toxicité hépatique et perturbation métabolique ;
- Problèmes de reproduction et de développement.
Les populations les plus vulnérables sont les femmes enceintes et les enfants. Les PFAS se transmettant notamment par le placenta et le lait maternel, nos enfants naissent désormais — et de plus en plus — « prépollués » aux PFAS.
Pour en savoir plus : Guide > Un problème sociétal > La toxicité des PFAS
Pour dépolluer un sol contaminé aux PFAS, la principale méthode consiste à excaver la terre contaminée et à la « laver ». C’est ce qui est réalisé autour de l’usine 3M à Zwijndrecht en Belgique où certaines zones sont « scalpées » sur une profondeur comprise entre 30 et 70 centimètres.
Pour dépolluer une eau contaminée aux PFAS, trois méthodes existent : charbon actif, résines échangeuses d’ions, osmose inverse. Ces méthodes sont matures et efficaces pour filtrer les PFAS à chaîne longue.
Toutes ces techniques concentrent les PFAS, dans les charbons actifs usagés ou dans des liquides pour l’osmose inverse (appelés « concentrats »).
Il faut ensuite détruire les PFAS, c’est-à-dire casser toutes les liaisons carbone – fluor pour obtenir ensuite d’autres molécules, comme le dioxyde de carbone et le fluorure d’hydrogène. On appelle cela la « minéralisation des PFAS ».
Cette minéralisation peut avoir lieu dans un incinérateur à très haute température (> 1 100°C) si certaines conditions sont respectées (oxygène en excès, mélange parfait, etc.). Or, on ne compte en France qu’une poignée d’incinérateurs chauffant à plus de 1 100°C.
Au-delà des problèmes techniques et énergétiques, la dépollution et la destruction des PFAS ont un coût : selon les différentes études existantes, le coût de la dépollution en Europe se situera entre 90 et 2 000 milliards d’euros sur 20 ans. Une facture problèmatique pour des finances publiques déjà en souffrance.
Pour en savoir plus : Guide > Un problème sociétal > La dépollution
En France et dans l’Union européenne, plusieurs réglementations encadrent déjà l’usage de PFAS.
Trois substances PFAS sont déjà interdites : PFOA, PFOS et PFHxS.
À l’échelle européenne, l’usage de PFAS dans les mousses anti-incendie et les emballages alimentaires est déjà interdit.
Le projet réglementaire qui pourrait avoir le plus de portée est encore en discussion. Il s’agit du projet de restriction universelle des PFAS, que nous avons détaillé ici. Celui-ci vise à interdire la fabrication, la mise sur le marché et l’importation de tous les PFAS dans plus d’une vingtaine de secteurs d’activité, une première mondiale.
Au niveau national, la France a également légiféré : une première loi contraignant l’usage des PFAS a été votée en février 2025. Ainsi, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, sont interdits à la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché des produits suivants contenant des PFAS : (1) farts de ski, (2) vêtements, chaussures et leurs imperméabilisants et (3) cosmétiques.

Pour en savoir plus : Article « Où en sont les restrictions sur les PFAS ? »
Oui, très probablement.
Des études montrent que les PFAS sont présents dans le sang de la quasi-totalité des Européens testés, y compris dans celui des nouveau-nés.
Par exemple, le programme de biosurveillance Esteban (2014-2016) a révélé que 100% des personnes testées (1 000 enfants et adultes) avaient du PFOS ou du PFOA dans le sang.
Il est possible de mesurer la quantité de PFAS dans son sang. Des laboratoires proposent des tests pour (généralement) entre 100 et 150€.
Pour en savoir plus : Guide > Un problème sociétal > L’état de la contamination
Pour savoir si votre eau du robinet est contaminée, vous pouvez utiliser la plateforme Dans mon eau. développée par les associations Générations Futures ou Data for Good. Cette plateforme reprend les données du contrôle sanitaire effectué par les Agences Régionales de Santé (ARS), dont les résultats sont disponibles en open data.
Une fois sur la carte, vous pouvez choisir de sélectionner PFAS dans la section « tous polluants ».
La valeur maximale de PFAS autorisés dans l’eau du robinet est fixée à 0,1 µg/L. En 2024, en France, le taux moyen de PFAS était de 0,024 µg/L.
Si nécessaires, faites l’acquisition de solutions filtrantes de PFAS dans l’eau du robinet, qui peuvent avoir un effet sur les PFAS à chaîne longue. Cette étude compare l’efficacité de pichets filtrants. L’idéal reste d’agir au niveau collectif, par exemple en montant un collectif de riverain et en dialoguant avec le gestionnaire de l’eau au niveau local.
Pour en savoir plus : Carte « Dans mon eau »
C’est un sujet complexe, médiatisé et hautement symbolique, les poêles en téflon étant le premier produit grand public conçu grâce aux PFAS.
Dans l’état actuel des connaissances, les poêles en téflon ou en PTFE utilisées correctement semblent présenter des risques limités.
Néanmoins, des PFAS sont utilisés comme agents tensioactifs dans les procédés de fabrication des poêles : historiquement, les industriels avaient recours au PFOA avant de se tourner, suite à son interdiction, vers de nouvelles générations de PFAS comme le genX et l’ADONA. Ces nouveaux PFAS furent présentés — par ceux qui les produisaient et ceux qui les utilisaient — comme étant moins toxiques que le PFOA. Cette moindre toxicité n’a en réalité jamais été prouvée et l’agence européenne des produits chimiques les a classé comme substances préoccupantes.
Ainsi, si l’utilisation de poêles en téflon ou en PTFE n’est pas forcément synonyme de danger pour la santé, leur fabrication et leur fin de vie contribuent à la pollution aux PFAS.
Pour en savoir plus : Guide > Un enjeux pour les entreprises > Les secteurs concernés
Un projet journalistique — The Forever Pollution Project — a établi la première cartographie des hotspots de contamination aux PFAS en Europe. Les auteurs de ce projet ont ainsi localisé de nombreux hotspots de contamination en Europe : 20 sites de fabrication de PFAS, 23 000 sites contaminés et 21 500 sites où la contamination est présumée par rapport aux activités menées sur ces sites. La carte est disponible sur le site du projet.
Les auteurs du projet ont ensuite transféré leurs données à une équipe du CNRS, en charge de les mettre à jour et de les compléter. Tout ceci est disponible sur le site du PFAS Data Hub du CNRS
Pour en savoir plus : site PFAS Data Hub
Le gouvernement français a publié une liste de recommandations pour se protéger des PFAS au quotidien. On y trouve pêle-mêle une vingtaine de recommandations, tantôt spécifiques (ex : éviter de réchauffer des contenants alimentaires en plastique, éviter les produits cosmétiques « waterproof », etc.) tantôt assez générique (ex : varier son alimentation, aérer son logement, etc.). Il n’existe malheureusement pas d’autres sources officielles sur les actions à mener.
D’après nos différentes lectures, les actions suivantes nous semblent prioritaires :
- Manger des produits issus de l’agriculture biologique — car des pesticides PFAS peuvent avoir été utilisés pour les produits issus de l’agriculture conventionnelle.
- Limiter la consommation des denrées alimentaires qui semblent les contaminées, comme les abats et les gros poissons.
- Quand c’est possible, éviter les produits du quotidien contenant des PFAS (même s’ils sont de plus en plus interdits) : imperméabilisants, traitements anti-tâches, vêtements « techniques » (étanches, déperlants, anti-tâches ou anti-transpirants), ustensiles de cuisine avec revêtement anti-tâche, etc.
- Concernant l’eau de boisson, si vous vivez à proximité d’une zone contaminée aux PFAS : consulter les données sur la présence de PFAS dans l’eau et si besoin faites l’acquisition de solutions filtrantes de PFAS dans l’eau du robinet, qui peuvent avoir un effet sur les PFAS à chaîne longue. Cette étude compare l’efficacité de pichets filtrants. L’idéal reste d’agir au niveau collectif, par exemple en montant un collectif de riverain et en dialoguant avec le gestionnaire de l’eau au niveau local.
Comme sur toutes les thématiques de santé environnementale, on entend parfois des avis divergents sur la problématique PFAS.
Certaines personnes se présentant comme des experts cherchent à minimiser les risques, à dire qu’on en ferait déjà trop, à éviter d’appliquer le principe de précaution sur l’ensemble des PFAS, etc. C’est notamment le cas de l’ancien ministre de l’environnement François de Rugy, qui a pourtant un CV faisant autorité (ce qui est justement problématique).
De l’autre côté du spectre, certaines personnes ont parfois tendance à accentuer les risques, à utiliser des superlatifs et jouer sur le registre de la peur.
Face à cela, nous vous recommandons :
- De consulter les publications des autorités compétences, en premier lieu celles de l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) dont l’expertise fait autorité. Nous considérons que ses publications récentes, dans le cadre du projet de restriction universelle, sont la référence, à l’instar des publications du GIEC sur le climat.
- De consulter les travaux de chercheurs spécialisés sur les PFAS. Attention aux avis de chercheurs sur des thématiques avec une proximité relative aux PFAS, qui peuvent fournir un avis non qualifié.
- Faire preuve d’esprit critique sur les opinions des uns et des autres. Pour vous entraînez, nous vous invitons à visionner cette vidéo de Chemours sur les gaz fluorés (des PFAS).
Le TFA (acide trifluoroacétique) est le plus petit des PFAS et probablement le plus répandu. Il mérite une attention particulière pour plusieurs raisons.
Il est d’abord omniprésent. D’après une étude de l’Anses de 2025 le retrouve dans près de 92 % des échantillons d’eau brute et d’eau potable analysés en France.
Il a aussi de nombreuses origines différentes.
Le TFA provient de la dégradation de nombreux autres PFAS dans l’environnement, mais aussi de certains pesticides et réfrigérants fluorés. Il est donc produit en continu, même sans fabrication directe.
Sa petite taille lui permet d’être extrêmement mobile et de se déplacer facilement dans les sols et nappes profondes. Cette caractéristique fait également de lui un PFAS presque infiltrable pour la plupart des technologies.
Enfin, sa toxicité est encore mal connue. En effet, les études sur ses effets sanitaires sont moins avancées que pour le PFOA ou le PFOS. Des travaux sont en cours pour mieux caractériser ses risques. En juin 2026, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) l’a néanmoins classé comme toxique à la reproduction. Il avait été prouvé que la substance avait une incidence sur le développement des fœtus avec notamment des cas de malformations aux yeux.
Pour en savoir plus : FAQ sur le TFA par l’ONG Chemtrust
