Introduction
Les définitions de base
- Les PFAS sont des substances chimiques fabriquées par l’homme et qui contiennent une ou plusieurs liaisons carbone-fluor.
- On compte plus de 10 000 PFAS, qui peuvent être très différents les uns des autres.
- Les PFAS ont des super-pouvoirs (imperméabilité, anti-tâches, résistance à la chaleur, etc.), ils confèrent des propriétés exceptionnelles aux produits qui les contiennent.
- Depuis 1950, leurs utilisations dans l’industrie et l’agriculture se sont généralisées.
10 000 substances chimiques,
fabriquées par l’homme
Les PFAS ont une définition officielle, fournie par l’OCDE en 2021 :
« Les PFAS sont des molécules formées d’une chaîne d’atomes de carbone (plus ou moins longue, linéaire, ramifiée ou cyclique) et contenant au moins un groupement fluoré (soit méthyl ou méthylène), saturé et complètement fluoré. »
Source : OCDE
Autrement dit, un PFAS est une molécule constituée d’atomes de carbone, dont une partie est entièrement recouverte de fluor. Cette liaison fluor-carbone est la principale caractéristique d’un PFAS.
Ces substances n’existent pas dans la nature, elles sont exclusivement fabriquées par l’homme.
Pour fabriquer un PFAS, il faut remplacer les atomes d’hydrogène d’une chaîne carbonée par des atomes de fluor. Prenons l’exemple de l’acide acétique, la petite molécule présente naturellement dans le vinaigre. Si on remplace les atomes d’hydrogène de l’acide acétique par des atomes de fluor, on obtient le plus petit des PFAS : le TFA.

L’acide acétique (vinaigre)


L’acide trifluoroacétique (TFA)
Extrait de l’article de Louis Delon « Qu’est-ce qu’un PFAS ? »
On estime qu’il existe plus de 10 000 substances PFAS. Les PFAS forment ainsi une (très) grande famille de substances. Il est néanmoins impossible de les dénombrer précisément car les chimistes inventent régulièrement de nouvelles molécules.
S’ils partagent un socle commun (chaîne carbonée + groupement fluoré), les PFAS peuvent être très différents les uns des autres. Vous trouverez plus bas dans cet article trois distinctions permettant de classer les PFAS, importantes à garder en tête pour bien comprendre la situation. Avant cela, découvrons les propriétés spécifiques des PFAS.
Les super-pouvoirs des PFAS
Les PFAS confèrent des propriétés exceptionnelles aux produits qui les contiennent :
- imperméabilité ;
- résistance aux fortes chaleurs ;
- anti-tache ;
- ignifugique (qui rend ininflammable) ;
- antiadhésif ;
- émulsifiant (qui aide à mélanger deux substances).
Les PFAS tirent ces propriétés de leur composition chimique unique :
- Le fluor forme un « bouclier » autour du carbone qui empêche les interactions avec d’autres atomes. Par conséquent, l’eau et les graisses ne peuvent s’y fixer et sont repoussées.
- La liaison carbone-fluor est l’une des plus solides en chimie organique. Par conséquent, les PFAS sont ultra-résistants à la chaleur.
Par exemple, dans les mousses anti-incendie destinées à éteindre des feux d’hydrocarbure, les PFAS permettent de former un film stable et résistant à la surface des liquides en feu (carburants, solvants, huiles), empêchant ainsi l’oxygène d’alimenter la combustion.
Pour les industriels, ces propriétés des PFAS sont logiquement extrêmement attractives. Les PFAS ont ainsi pu améliorer un grand nombre de produits du quotidien :

Les PFAS apportent aux tissus des propriétés déperlantes et anti-taches.

Les PFAS apportent aux ustensiles des propriétés anti-adhésives.

Les PFAS peuvent servir d’émulsifiants ou de stabilisants de produits cosmétiques et les rendre résistants à l’eau.
Les PFAS sont aussi utilisés pour d’autres usages plus spécifiques et souvent moins connus :

Les PFAS améliorent l’efficacité de certaines mousses anti-incendie.

De nombreux fluides frigorigènes, utilisés pour la climatisation, sont des PFAS.

Les PFAS peuvent améliorer la stabilité, et donc l’efficacité, des pesticides.
C’est ainsi que des PFAS ont été ajoutés à un très grand nombre de recettes industrielles depuis les années 1950.
Caractéristiques
Les grandes caractéristiques des PFAS
- Les PFAS sont persistants, ils ne se dégradent pas ou peu naturellement.
- Les PFAS sont mobiles, ils migrent de milieu en milieu.
- Les PFAS sont bioaccumulables, ils s’accumulent dans les organismes vivants.
- On distingue les PFAS polymères et les PFAS non-polymères, ces derniers étant les plus surveillés.
- On distingue les PFAS à chaîne longue et les PFAS à chaîne courte. Les premiers sont plus bioaccumulables, les seconds plus mobiles.
- On distingue les PFAS perfluorés et les PFAS polyfluorés. Les premiers sont plus problématiques, mais les polyfluorés forment des perfluorés quand ils se dégradent.
- PFAS se prononce « pé-fasse » en France, et « pi-fasse » en anglais.
Persistants, mobiles et bioaccumulables
Les PFAS se distinguent d’autres substances chimiques de synthèse par leur persistance, leur mobilité et leur bioaccumulabilité. Regardons ces caractéristiques de plus près.
Persistance
La persistance d’une substance désigne sa capacité à rester longtemps dans l’environnement sans se dégrader.
Pour se rendre compte de la persistance d’une substance, on utilise généralement le concept de demi-vie. La demi-vie est la durée à attendre pour que la moitié de la substance soit dégradée.
La Commission européenne considère une substance comme « très persistante » lorsque sa demi-vie excède au moins l’un des seuils suivants :
- dans l’eau ≥ 60 jours ;
- dans le sol ≥ 120 jours ;
- dans les sédiments ≥ 180 jours.
La durée de demi-vie dans l’eau de certains PFAS comme le PFOA et le PFOS est estimée à … plus de 90 ans.
En conclusion, même si elle n’est pas réellement éternelle, une fois synthétisée, une substance PFAS est là pour durer.
Mobilité
Les PFAS ont une autre spécificité, celle d’être mobiles, c’est-à-dire de pouvoir migrer facilement d’un milieu à un autre.
Prenons l’exemple d’une molécule PFAS utilisée dans une mousse anti-incendie :
C’est ainsi qu’on a retrouvé une quantité importante de PFAS à Rouen à proximité de l’usine Lubrizol dont l’incendie avait été éteint grâce à des mousses anti-incendie1Six ans après l’incendie de Lubrizol, une pollution massive aux PFAS. (2025, 26 septembre). https://reporterre.net/Six-ans-apres-l-incendie-de-Lubrizol-une-pollution-massive-aux-PFAS.
Selon le même mécanisme, on retrouve des PFAS dans des lieux très éloignés de là où ils ont été rejetés. Des chercheurs ont ainsi détecté des PFAS dans les eaux de pluie au Tibet2Bergenholtz-Foglander, J. (s. d.). It’s raining PFAS : even in Antarctica and on the Tibetan plateau rainwater is unsafe to drink – Stockholm University. https://www.su.se/english/news/it-s-raining-pfas-even-in-antarctica-and-on-the-tibetan-plateau-rainwater-is-unsafe-to-drink-1.620735..
Bioaccumulables
Enfin, les PFAS ont une dernière spécificité, celle de se lier aux protéines fabriquées par notre organisme, en particulier dans le sang, le foie et les reins.
Les organismes n’étant pas capables de casser les liaisons carbone–fluor, ils ne parviennent pas à les transformer chimiquement en d’autres molécules pour les évacuer. Ainsi, ils ne parviennent pas les éliminer.
Ainsi, les PFAS s’accumulent progressivement dans les organismes. On parle de substances « bioaccumulables ». Les demi-vies de nombreux PFAS dans le sang humain sont de plusieurs années3INSERM (Salle de presse). (2024, 4 avril). Un point sur les PFAS. Salle de Presse de L’Inserm. https://presse.inserm.fr/cest-dans-lair/un-point-sur-les-pfas/#:~:text=Les%20PFAS%20se%20lient%20aux,ann%C3%A9es%20chez%20l’%C3%AAtre%20humain..
Les PFAS peuvent être très différents les uns des autres
Trois distinctions permettent de classer les PFAS et sont importantes à garder en tête pour bien comprendre la situation :
PFAS polymères vs PFAS non-polymères
Les polymères sont de longues molécules, formées par répétition de molécules plus petites. Parmi les polymères de synthèse, on trouve les plastiques (ex : le PVC, le polystyrène), les fibres synthétiques (ex : le nylon), les mousses (ex : le polyuréthane), etc. On trouve aussi des polymères PFAS, comme le PTFE, plus connu sous son nom commercial Téflon. On les désigne généralement sous le nom de fluoropolymères.



À l’inverse, les PFAS non-polymères sont de petites molécules. Ils sont généralement plus solubles, plus mobiles et plus bioaccumulables que les PFAS polymères. Ils sont donc aussi plus surveillés – en réalité, seuls les PFAS non-polymères sont aujourd’hui surveillés par les agences sanitaires.
Il existe un vif débat sur la pertinence de considérer les fluoropolymères comme aussi problématiques pour la santé humaine que les PFAS non-polymères. En effet, les fluoropolymères sont par nature beaucoup plus stables chimiquement et thermiquement et généralement insolubles dans l’eau, ce qui limite leur diffusion. Néanmoins, leur fabrication nécessite le plus souvent des PFAS non-polymères, ce qui peut générer des pollutions locales. Enfin, quand ils sont traités en fin de vie (ex : par incinération), les fluoropolymères peuvent se dégrader en PFAS non-polymères et contaminer les milieux.
PFAS à chaîne longue vs PFAS à chaîne courte
Les PFAS peuvent avoir des longueurs de chaîne carbonée différentes.
Le nombre d’atomes de carbone peut varier, ce qui permet de les classer en deux catégories : les PFAS à chaîne longue (ayant 8 atomes de carbone ou plus) vs les PFAS à chaîne courte (ayant moins de 8 atomes de carbone).
L’acide trifluoroacétique (TFA) a deux atomes de carbone, c’est donc un PFAS à chaîne courte (ou ultra-courte).

L’acide perfluorooctanoïque (PFOA) a huit atomes de carbone, c’est donc un PFAS à chaîne longue.

Les PFAS à chaîne longue sont généralement plus bioaccumulables. À quantité équivalente, ils sont donc perçus comme plus problématiques, ce qui explique pourquoi les premiers PFAS ayant été interdits sont les PFOA et le PFAS, deux PFAS à chaîne longue.
PFAS perfluorés et PFAS polyflurorés
Un PFAS perfluoré a une chaîne carbonée entièrement fluorée. Des atomes de fluor ont remplacé tous les atomes d’hydrogène de sa chaîne carbonée.
À l’inverse, un PFAS polyfluoré a sa chaîne carbonée partiellement fluorée. Des atomes de fluor ont remplacé certains atomes d’hydrogène de sa chaîne carbonée, mais pas tous.
Logique car « per– » signifie « tous », quand « poly- » signifie « plusieurs »
L’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS) est donc un PFAS perfluoré.

Le sulfonate de fluorotélomère 6:2 (6:2 FTS) est donc un PFAS polyfluoré.

Les PFAS polyfluorés sont moins stables, moins persistants, moins bioaccumulables que les PFAS perfluorés. Ils apparaissent donc moins problématiques.
Néanmoins, quand ils sont dégradés, ces PFAS polyfluorés forment généralement… des PFAS perfluorés.
Ainsi, on désigne les PFAS polyfluorés comme des « précurseurs » et les PFAS perfluorés comme des « terminaux ».
Vous souhaitez en savoir plus sur les PFAS et leurs définitions ? Nous vous recommandons la lecture de l’article « Qu’est-ce qu’un PFAS » de Louis Delon, membre du comité scientifique de bye bye PFAS.
Un point sémantique
Si nous avons parlé de substances perfluorées et polyfluorées, il est plus correct de parler de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées.
Vous comprenez alors mieux l’acronyme anglais PFAS : per and polyfluoroalkyl substances.
Par ailleurs, PFAS se prononce « pé-fasse » en France, et « pi-fasse » en anglais.
Cycle de vie
Le cycle de vie d’un PFAS
- Un produit contenant des PFAS suit 4 phases de vie : synthèse du PFAS, intégration du PFAS dans le produit, usage du produit, fin de vie du produit.
- Les cycles de vie diffèrent selon les produits. Par exemple, on distingue les produits « longue durée », qui encapsulent des PFAS jusqu’à leur fin de vie, des produits « courte durée » qui rejettent des PFAS quand ils sont utilisés (ex : mousses anti-incendie).
- Des rejets de PFAS peuvent advenir à chaque étape du cycle de vie.
- Ces rejets viennent ensuite contaminer les milieux, grâce à la grande persistance et la grande mobilité des PFAS.
- Les organismes vivants peuvent être exposés par l’eau qu’ils boivent, les aliments qu’ils mangent, l’air et la poussière qu’ils respirent et par contact direct.
Le cycle de vie d’un produit contenant des PFAS
Commençons par nous intéresser au cycle de vie d’un produit contenant des PFAS (un t-shirt, une mousse anti-incendie, un fluide réfrigérant).
Ce cycle peut être décomposé en 4 étapes :

Notons qu’il existe aussi des produits qui ne contiennent pas de PFAS mais qui nécessitent des PFAS pour leurs procédés de fabrication. C’est le cas pour les semi-conducteurs utilisés en électronique par exemple.
Production des PFAS
La production — ou synthèse — du PFAS est réalisée dans un site industriel chimique.
Deux grandes méthodes sont utilisées pour synthétiser des PFAS :
- la fluoration électrochimique (on part de molécules non fluorées qu’on soumet à un environnement chargé en fluor avec un courant électrique);
- la télomérisation (on part de petites molécules fluorées, qu’on assemble).
Lors de cette phase de production, des procédés de polymérisation permettent de passer de PFAS monomères à des PFAS polymères.
Cette étape, très technique, est uniquement réalisée par les multinationales du secteur de la chimie : 3M, Arkema, BASF, Chemours, Solvay, etc. Ces entreprises mettent sur le marché des PFAS de différentes natures.
Intégration des PFAS dans le produit
Les PFAS sont ensuite utilisés dans les procédés de fabrication d’un grand nombre de produits. Ils peuvent servir de revêtement de surface (ex : ustensiles de cuisine), être incorporés dans la matière (ex : plastiques, joints) ou encore être utilisés comme additifs (ex : cosmétiques, peinture).
Ici, ce sont des entreprises manufacturières, de toutes tailles, qui achètent et utilisent des PFAS dans leurs procédés.
Usage du produit contenant des PFAS
Les produits contenants des PFAS sont ensuite commercialisés puis utilisés. Les usages sont de natures très variées :
- le produit contenant le PFAS se diffuse dans un organisme ou un milieu (ex : pesticide PFAS) ;
- le PFAS reste dans le produit (ex : ustensiles de cuisine, câbles électriques, textile, etc.) jusqu’à ce qu’il soit jeté. On parle de produits à « longue durée ».
- le produit contenant le PFAS est appliqué sur une surface (ex : mousse anti-incendie, fart de ski, cosmétique, etc.).
Fin de vie du produit contenant des PFAS
Enfin, les produits à « longue durée » terminent leur cycle de vie en étant jetés, recyclés ou revalorisés (ex : incinération).
Les rejets de PFAS ont de multiples sources
Les rejets de PFAS peuvent advenir aux différentes étapes du cycle de vie :

Rejets de PFAS à proximité du site de synthèse chimique
C’est le cas le plus connu, celui qui a donné lieu aux principaux scandales sanitaires liés aux PFAS, que vous découvrirez dans la partie 2 (« Un problème sociétal« ).
Rejets de PFAS à proximité du site de fabrication de produits
Nous l’avons vu : les procédés industriels encapsulent les PFAS dans des produits. Néanmoins, ces procédés peuvent aussi générer des PFAS comme déchets, qui peuvent être rejetés à proximité du site de fabrication du produit.
Rejets suite à l’usage de produits contenant des PFAS
Ici, les rejets concernent uniquement les produits à courte durée, comme les mousses anti-incendie, le fart de ski, les cosmétiques, etc. Ainsi, les zones considérées comme particulièrement contaminées sont les sites ayant subi un incendie industriel et les sites d’entraînement des pompiers.
Rejets sur sites de traitement de déchets
Lorsque les produits qui contiennent des PFAS sont enfouis en décharge ou incinérés, les substances PFAS ne disparaissent pas. Elles migrent vers les milieux (sol et eau pour les décharges, air pour l’incinération).
Ces rejets viennent ensuite contaminer les milieux et les organismes
Une fois rejetées, les PFAS migrent ensuite dans les différents milieux (eau, sol, air), puis dans d’autres compartiments (eau de boisson, fruits, légumes, viandes, etc.).

Les organismes vivants sont ensuite exposés par différentes voies possibles :
- par l’eau qu’ils boivent ;
- par les aliments qu’ils mangent ;
- par l’air et les poussières qu’ils respirent (ex : PFAS contenus dans les tapis) ;
- par contact direct (ex : cosmétique).
Ordres de grandeur
Les ordres de grandeur à connaître
- On consomme ~ 290 000 tonnes de PFAS en Europe chaque année.
- ~ 75 000 tonnes de PFAS sont rejetées en Europe chaque année.
- Si on suit la tendance actuelle, les rejets de PFAS en Europe seront multipliés par 5 d’ici 2070.
- Plus de 10 000 sites seraient déjà potentiellement contaminés en Europe.
On consomme ~ 290 000 tonnes de PFAS en Europe chaque année
Au total, on estime qu’entre 200 000 et 350 000 tonnes de PFAS auraient été consommées en Europe en 2020 :
La production de PFAS en Europe en 2020 est, quant à elle, évaluée à 160 000 tonnes.
D’où viennent ces données ?
L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a estimé d’une part les volumes de PFAS produits en Europe et d’autre part les volumes de PFAS consommés en Europe en 2020.
La consommation est étudiée pour 22 secteurs d’usage, comme l’industrie textile ou l’industrie cosmétique. Ces 22 secteurs d’usage sont présentés dans notre article dédié au projet de restriction à l’échelle européenne.
Plusieurs secteurs d’usage de PFAS n’ont pas été étudiés dans le cadre de ce projet de restriction :
- Les PFAS utilisés dans les mousses anti-incendie car il s’agit d’un usage déjà couvert par une réglementation4Règlement (UE) n° 2025/1988 du 02/10/25 modifiant l’annexe XVII du règlement (CE) n° 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les substances per- et polyfluoroalkylées dans les mousses anti-incendie.
- Les PFAS utilisés dans les pesticides (qu’on appelle alors des « pesticides–PFAS »), sans qu’une explication soit fournie par l’agence européenne concernant cette exclusion.
Nous avons compilé les chiffres issus du projet de restriction à l’échelle européenne, ainsi que ceux sur les deux secteurs n’ayant pas été étudiés dans ce cadre.
Pour les PFAS dans les mousses anti-incendie, un règlement européen fournit des données sur les volumes. Pour les pesticides PFAS, il y a malheureusement peu de données disponibles. Nous avons alors retenu une valeur qui semble sous-évaluée, issue d’un rapport5Europe’s Toxic Harvest : Unmasking PFAS Pesticides Authorised in Europe. (2025, 14 juillet). PAN Europe. https://www.pan-europe.info/resources/reports/2023/11/europes-toxic-harvest-unmasking-pfas-pesticides-authorities-europe des ONG PAN Europe et Générations Futures.
Cela nous permet de vous fournir ci-contre une vue d’ensemble sur la situation en Europe en 2020.
~ 75 000 tonnes de PFAS sont rejetées en Europe chaque année
En utilisant les mêmes sources de données, on estime qu’il y aurait environ 75 000 tonnes de PFAS rejetées dans les milieux en Europe en 2020.
Si on suit la tendance actuelle, les rejets de PFAS en Europe seront multipliés par 5 d’ici 2070.
Dans son projet de restriction des PFAS à l’échelle européenne, l’Agence européenne des produits chimiques livre des projections sur la production et la consommation de PFAS en Europe :
En l’absence de restriction, les rejets passeraient de ~ 80 000 tonnes de PFAS en 2020 à ~ 480 000 tonnes en 2070, soit une augmentation d’un facteur 5.
Plus de 10 000 sites potentiellement contaminés en Europe
La cartographie des sites de synthèse chimique, des sites consommateurs de PFAS et sites de traitement des déchets est essentielle pour localiser les rejets.
Ce type de cartographie a été l’objet du travail d’investigation journalistique The Forever Pollution Project. De nombreuses données de localisation sont désormais disponibles en libre accès sur le site PFAS Data Hub opéré par le CNRS.
Voici par exemple la localisation de plusieurs sites :
- les sites consommateurs potentiels de PFAS (ex : usine textile) et les sites potentiellement contaminés comme les stations d’épuration, les usines d’incinération, les centre de formation de pompiers, etc. (en bleu clair) ;
- les sites de production de PFAS (en rouge) ;
- les sites consommateurs officiels de PFAS (en bleu foncé).
Au total, le nombre de site est évalué à 11 500, d’après une étude commanditée par la Commission européenne publiée en janvier 2026.
